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 Nouvelles et autres écrits du Blizzard

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Blizzard
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MessageSujet: Nouvelles et autres écrits du Blizzard   Mar 09 Avr 2013, 20:30



Nouvelles et autres écrits du Blizzard


Cela faisait un p'tit moment que ça me démangeait de créer ce topic. C'est maintenant chose faite.
Smile

J'y posterai, une fois de temps en temps, des écrits. Comme l'indique le titre, ces écrits seront majoritairement des nouvelles. J'ai pleins d'idées, sans cesse, sans cesse ; mais je n'ose que peu me lancer, ce qui impliquera probablement un rythme assez irrégulier.

N'hésitez pas à critiquer (quels sont les bons points et quels sont les points à améliorer ?) mes écrits. Ça me permettra de mieux écrire à l'avenir, et de produire des écrits qui seront alors plus agréables à lire. En bref, n'hésitez pas de dire ce que vous en pensez, même (et surtout) au niveau des défauts.


Allez, la présentation étant terminée, il est l'heure que je poste ma première nouvelle (depuis environ 4 ans). Cette nouvelle a été rédigée dans un contexte particulier. Dans le cadre de mes cours, j'ai la possibilité de choisir des matières (le cursus des UT). Cette nouvelle a été écrite au sein d'une matière sur l'écriture de fictions. C'était un exercice de style donnée en début d'après-midi et que nous devions rendre 3 heures plus tard. Nous devions écrire une nouvelle en trois scènes sur la vie d'un personnage principal : sa naissance, le moment le plus fort de sa vie, sa mort.

Notre professeur avait fait une distinction entre "scène" et "résumé" : une scène montre, ne narre pas, se fait dans l'instant et dans l'action, utilise peu la description et jamais l'explication (cette dernière peut cependant être intégrée à du dialogue) ; tandis qu'un résume raconte, narre, ne se fait pas forcément dans l'instant et dans l'action, utilise la description et l'explication. Nous devions donc rendre une nouvelle montrant une scène, et non un résumé. Le travail devait compter 1 page et demi à 3 pages. Au final, la date de rendue a été repoussée au surlendemain, ce qui nous laissait 2 jours.

J'étais en binôme, et on a commencé à échanger sur des idées de déroulements possibles (j'avais l'idée centrale mais rien de plus). J'ai ensuite décidé d'entreprendre l'écriture entièrement du début jusqu'à la date de rendu. D'où le caractère un peu précipité de la nouvelle et les maladresses de récit que j'y ai laissées (quelques dialogues un peu naïfs, par exemple). Aussi, chaque changement de scène est indiqué par "----------". Le contexte expliqué, voici la nouvelle.




Nouvelle 1

Des cris se faisaient entendre dans une petite clinique. C'étaient ceux d'une femme. « Poussez ! Encore un peu ! » pouvait-on entendre d'un côté, « HAAAAAAAA ! » d'un autre. C'était bon, le bébé venait de sortir. Le père, présent aux côtés de sa femme, pouvait enfin tenir dans ses bras son enfant. Regardant dans les yeux celui-ci, qui était un fils, il sentit une larme couler sur sa joue. Puis, il demanda à la sage-femme comment allait le bébé. « C'est un bébé en excellente santé » reçut-il comme réponse. Ayant l'air tout à la fois ému et rassuré, il montra au bébé sa mère. « On lui donne bien le nom auquel on avait pensé », dit le père. « Oui », répondit la mère. Celle-ci regarda son enfant dans les yeux, en lui caressant la joue avec sa main, et, tout en souriant, continua : « Bienvenue parmi nous, Isaac. ».


----------


Isaac s'approchait de la table à manger, préparée spécialement pour l'occasion. Il tira la chaise pour s'asseoir. Voyant toute sa famille face à lui, le long de la table, il s'exprima : « Je tenais à vous remercier pour tout ce vous avez fait pour moi. Rassembler toute la famille ne dût pas être chose facile, et c'est pourquoi j'aimerais vous remercier aussi pour avoir fait tant de chemin. Il y avait 21 ans, ma mère me mettait au monde et mon père me prenait dans ses bras avant de repartir dans ses fouilles et explorations. Aujourd'hui, tout le monde est présent, mes cousins, tantes, oncles, grand-parents et j'espère que cette fête restera gravée dans vos mémoires, comme elle le sera dans la mienne. À présent, je pense qu'il est temps de commencer à manger ! Bon appétit à tous ! »

Des applaudissements se firent entendre. Isaac commença à prendra ses couverts entre ses mains. Décidant d'entamer son plat, il coupa la chair de sa viande. Il décida alors d'amener le premier morceau à sa bouche. Une fois ce morceau mâché, il posa ses couverts sur la table. Sa vue se troubla, et un mal de tête soudain se fit ressentir. Il décida alors de fermer les yeux le temps de recouvrer ses esprits. Prêt à entamer son second morceau, il fit la même démarche que précédemment. Avant même d'avoir le temps de poser ses couverts, un son aigu lui perça les tympans. Il lâcha alors ses couverts et ferma à nouveau les yeux. Une fois les yeux réouverts, il s'aperçut que toute sa famille le regardait. Reprenant finalement ses couverts, il se rendit compte que ceux-ci n'étaient plus de simples couverts.

Les pics de la fourchette remuaient comme bras et jambes. Quant au couteau, son aspect droit avait laissé place à une souplesse qui n'avait rien à envier à du papier. L'ensemble de ses couverts lui semblait fondre. L'imposante table avait tronqué sa robustesse contre une espèce d'excitation propre à certains animaux taquins et canins. Le chandelier suspendu au-dessus de la table se balançait. La viande présente dans son assiette entamait une danse macabre. Quant aux légumes, ils sautillaient. Regardant d'un air apeuré ce spectacle, Isaac dirigea son regard vers les murs. Les tableaux laissaient sortir leurs personnages. Les masques accrochés bougèrent légèrement avant d'être suspendus aux visages d'inconnus. Les murs ondulaient. Les lattes du plancher, normalement parallèles, se rejoignaient. Le plafond semblait rire, et Isaac, pleurer. Sa chaise tomba en arrière.

Se levant dès qu'il put, Isaac se décida à fuir ce spectacle d'angoisse, bien loin de l'idée qu'il se faisait de la fête d'anniversaire pour ses 21 ans. Il courut. Il courut. Il courut encore. C'était bon, il était hors de cette maison qui n'avait plus rien de chaleureuse. Une main se fit alors sentir sur son épaule. C'était son père, seul membre de sa famille à l'avoir suivi. Immédiatement après s'être retourné, Isaac vit sa maison bouger vers le haut par à-coups, comme si elle voulait se lever et délaisser le terrain pour changer d'emplacement. Prêt à fuir à nouveau, son père l'arrêta.

« Attends ! Je te dois des explications. »

Malgré toute l'angoisse accumulée, Isaac délaissa ses jambes pour ses oreilles. Que voulait dire son père ? Savait-il ce qu'Isaac endurait ? Pris de toutes parts par de nombreuses questions, il se décida à en poser une à son père :

– Sais-tu ce qu'il m'arrive ?
– Peut-être. As-tu vu ou entendu quelque chose que tu qualifierais d'anormal ? J'ai besoin de savoir pour te dire, à mon tour, ce que je sais.
– Les couverts… Ils dansaient et mon repas… Je crois qu'il fondait… Euh… Ou l'inverse. Les personnages des tableaux étaient vivants, le lustre vacillait et des inconnus avec des masques étaient avec nous. Ne les as-tu pas vu ?
– Rien de tout ça n'est vraiment arrivé. Tu ne vois pas la même chose que nous.
– …
– Je pense savoir d'où ça vient, et tout est de ma faute.
– ?!
– Peu après avoir épousé ta mère, nous avons décidé de t'avoir. Te souviens-tu de ce que ta mère t'avait dit à mon sujet, lorsque j'ai failli mourir de ce syndrome de Brugada, cette maladie mortelle dont on n'avait trouvé aucun remède ?
– Oui.
– Je me suis mis d'accord avec le médecin pour qu'il dise à ta mère et aux autres qu'il pensait avoir trouvé un moyen pour me guérir de cette maladie. Il y gagnait une meilleure réputation. Bien sûr, ce moyen n'a jamais fonctionné avec d'autres patients. C'était normal. Il faut dire que ce médecin aurait même eu du mal à détecter une simple fièvre. Je ne lui faisais pas confiance, et j'avais raison. Il est mort en s'empoisonnant avec un médicament interdit, qui, croyait-il, l'aiderait à ne plus être un bande-mou. Ça lui a valu un article dans le journal local…
– …
– Bref. Ce qui m'a guéri était bien autre chose. J'ai toujours été fasciné par l'histoire du monde, ses mystères et ses lieux inexplorés. Ce qui a fait ma notoriété d'explorateur-archéologue, c'est sûrement ma ténacité, plus que n'importe quoi d'autre. Je connaissais l'histoire d'Amphiaraos, grand guérisseur grecque. Certains ont écrit que ses dons seraient liés au remède à tous les maux, la panacée, qu'il aurait utilisée tout au cours de sa vie. Parmi ces écrivains, on en trouvait qui semblaient penser que la panacée était au temple d'Amphiaraos, à Thèbes, en Grèce. C'est pourquoi je m'y suis rendu et y ai passé mon temps durant des mois, à rechercher activement où pourrait être ce remède, sur la moindre ruine restante et même sous le sol. C'était mon seul espoir de guérison, et il ne me restait plus beaucoup de temps. J'ai finalement réussi à le trouver. Il était extrêmement bien conservé, enrobé par plusieurs couches matérielles. D'autres écrits mettaient en garde contre la panacée qui aurait une contrepartie : rendre folle la descendance de celui qui la prendrait.
– …
– Je n'ai jamais pris au sérieux cette menace. À présent, je crois que j'aurais dû.

Sans un mot, les yeux humides, Isaac s'enfuit en direction de sa petite piaule d'étudiant. Il avait décidé de couper tout contact avec ses parents. Il savait qu'il ne les reverrait pas avant un certain moment…


----------


« Vous pouvez déposer le cercueil. » Ils la regardaient s'éloigner sous la terre. Isaac et son père voyaient partir cette femme qu'ils avaient tant aimé. « Adieu maman » disait l'un, « au revoir, chérie » disait l'autre. Ils pleuraient ensemble, tout en restant éloignés. Toute la famille -ou ce qui en restait-, était à nouveau rassemblée en ce jour d'hiver. Le départ fût difficile. Sur le chemin du retour, Isaac décida de ne pas faire durer le silence plus longtemps, et interpella son père qui ne l'avait plus entendu depuis des années. « Allons là-bas », lui dit-il, en pointant un lieu isolé du cimetière, où personne ne semblait plus aller depuis bien longtemps. Il entama alors la conversation :

– Cela fait bien 26 ans que je ne t'ai pas vu.
– …
– Maman méritait mieux que toi. Lui as-tu dit ce que tu as fait ?

Un mouvement de tête lui répondit que non.

– Tu n'aurais jamais dû faire un enfant. Tu n'aurais jamais dû me faire. Il y a 26 ans, j'ai dû arrêter mes études de médecine parce que je voyais les cadavres me parler. Depuis, je vis tant bien que mal, enchaînant les emplois. Je ne peux plus distinguer ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. J'ai cherché un remède, et rien trouvé. J'ai tenté, mais je n'ai jamais réussi à mettre fin à mes jours. Je ne voyais plus où était réellement la corde, les médicaments et toutes ces merdes quand je tentais de les utiliser.
– …
– Je suis venu pour maman. Mais aussi pour toi.

Isaac sortit une arme de sa veste. En la voyant, son père lui dit doucement : « ne fais pas ça, Isaac ». Tout en s'approchant de ce dernier, il continuait à lui parler : « tu n'es pas un meurtrier ». Il était à présent juste devant son fils, qui avait peur de ce qu'il risquait de faire. Mettant d'abord ses mains sur le visage d'Isaac, son père prit ensuite son fils dans ses bras. Isaac commença à baisser son arme.

Soudain, il entendit une voix grave autre que celle de son père crier : « tire ! Tire ! ». Pris par une impulsion inattendue, il tira alors. La balle se logea entre les jambes de son père. Ce dernier pissa littéralement le sang. Pris de remords et paniqué face à tant de souffrances, il décida de les abréger. Regardant les yeux de son père et les larmes qui s'en écoulaient, il pressa la gâchette. Le dernier coup de feu partit. Le bruit résonna dans ce ciel d'hiver, suivi par celui de la chute de l'arme. Sur la pureté et la blancheur de la neige s'étalait le sang d'un père tué par son fils.

Ce dernier se mit alors à regarder ses vêtements et ses mains. En voyant les éclaboussures du même sang que le sien, il comprit ce qu'il venait de faire. Il n'arrivait plus à bouger. Cela faisait déjà trois minutes qu'il avait lâché l'arme. Il commença à regarder le sol à la recherche de quelque chose, et vit l'arme. Elle avait l'air vicieuse et vivante. Il la voyait se moquer. D'une voix grave qu'il avait déjà entendue, elle lui dit : « c'est ton tour, maintenant ». Sa réponse fût courte et simple : « oui ». Il vit alors le cadavre de son père lui répondre : « c'est bien, mon fils ». Isaac se baissa pour prendre l'arme, s'allongea à côté de son père, le regarda, mit le bout de l'arme dans sa bouche. Un doigt tremblant pressa la détente. Un nouveau bruit se fit entendre, suivi de celui d'une tête allongée tombant sur le côté.

Peu à peu, la froideur de la neige vint se confondre avec celle des corps. De cet événement ne subsistait plus qu'une chose. Cette chose, c'était le croisement des regards, à présent vides, d'un père et de son fils. Ce jour-là, la mort n'avait pas seulement obtenu les âmes d'un père et de son fils. Elle avait pris l'âme d'une famille.

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MessageSujet: Re: Nouvelles et autres écrits du Blizzard   Mar 16 Avr 2013, 21:35

Une nouvelle nouvelle ! Je mettrai des titres prochainement. J'y ai mis du cœur à l'écrire, celle-là.




Nouvelle 2

« Je dois la tuer. Elle les a trahis il y a longtemps. Je ne faisais même pas encore partie des habitants de ce monde. Les traîtres doivent périr. Ils en savent trop sur eux. Ils en savent trop sur nous. Elle a réussi à leur échapper pendant tant d'années. Normal, si elle était avec eux, ce n'était pas pour rien. Elle savait qu'elle ne pouvait faire confiance à personne. Même pas à sa famille, qui aurait pu être avec eux sans qu'elle ne le sache. Nous devons nous occuper d'elle avant que la nature ne s'en charge. Elle ne mérite pas de vivre jusqu'au bout. Cette journée sera la dernière où elle souillera encore de sa présence le sol de cette Terre. »

La tâche qui avait été accordé au membre White le faisait ruminer dans ce large paysage dans lequel il se situait. C'était la première fois qu'on l'avait placé aux meurtres. Habituellement, il s'occupait de la façade. Les membres de la section des meurtres, peu nombreux, portaient des noms anglais de couleur. White avait eu pour ordre de mission de tuer l'ancienne membre Red de la section des meurtres.

Il se retrouvait alors dans un large paysage digne des plus grands films de western : sable du sol et lune glaciale du ciel, du bois allant des portes battantes de saloons aux planchers et aux volets des maisons, rocking chairs, crachoirs, maison du shérif avec sa prison et même un virevoltant, roulant au gré du vent… Tout y passait. On se serait cru dans un film. Le silence était entrecoupé de bruits de courants d'air. Des yeux et oreilles auraient affirmé que ce village était abandonné. Pas une lumière n'était visible, pas un bruit n'était audible. Pourtant, une odeur de vie pouvait être perçue. Au moins une personne habitait ici… Soudain, un bruit fort cassa la monotonie du silence.

« Du… du sang. Je… je saigne » pensa White.
« Ça… ça vient de mon bras gauche. Je ne comprends pas. Je n'ai pas mal. Pourtant, je n'arrive plus à le bouger. »

Un bruit maltraita à nouveau le silence.

« Encore un. Je n'ai rien reçu cette fois. Je dois me reprendre. Ça venait de cette maison, je crois. »

White se mit à courir vers la maison suspecte. Un objet brilla d'une des fenêtres. Cela confirma le choix de maison qu'il avait fait. Il était à présent face à la porte, sous un auvent en bois. Il essaya de l'ouvrir, mais la porte était verrouillée. Un bruit se fit entendre du plafond.

« Cette salope tire dans son sol ! »

La balle avait traversé le sol et trahissait une arme lourde de type fusil à pompe. White avait réussi à l'esquiver en se déplaçant sur le côté, mais il avait toujours le bras en sang et devait se dépêcher de terminer sa mission. Il mit toute sa force dans son bras droit et fonça sur la porte à deux reprises. Encore une, et il savait que la porte lâcherait. Des bruits de pas lourds et précipités pouvaient se faire entendre de l'intérieur. White comprit et s'accroupit en se déplaçant à nouveau sur le côté.

Une balle partit et laissa un trou béant dans cette porte dont l'état faisait plus penser à une vieille planche de bois qu'à une protection pour empêcher de rentrer dans la maison. White prit son arme et essaya à deux reprises de toucher sa cible. La première fois, tout laissait à penser qu'il l'avait ratée. La deuxième fois, aussi… jusqu'à ce qu'il entende un cri à la fois strident et faible, clairement celui d'une vieille femme. Il avait compris, juste avant de tirer une deuxième fois, que l'escalier se situait à droite en entrant, et non en face de la porte. Il décida d'entrer. Mauvaise idée. Une balle déchira une partie de la chair qui constituait la zone gauche de son ventre et de sa cuisse. Affaibli, il mit un genou à terre. Il comprit alors quelque chose :

« Elle est en hauteur, elle remonte. »

Il savait que si elle arrivait en haut, il serait en position de faiblesse avec son petit revolver comme arme, ses blessures comme handicap et les escaliers à monter. Il mit donc toute sa concentration dans ce tir, qu'il n'avait pas intérêt à rater. Il visa la tête, tira. Un cri aigu se fit entendre, suivi du bruit d'un choc fracassant contre les marches. Il le savait. Il avait réussi. Il prit son portable et les appela :

« J'ai réussi. Mais je suis blessé. J'ai besoin de quelqu'un. »

Un autre cri, cette fois grave, suivit cet appel.

« … COU… ! » entendit White. Il avait compris qu'une partie de la phrase lui était inconnue. Il ne savait pas si c'était le début ou la fin. Le bruit que ses oreilles lui faisaient entendre était à la fois insupportable et interminable. Son regard se brouilla. Sa tête lui fit mal. Il tomba à terre, inconscient.



White se réveilla. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis son malaise. Il remarqua qu'il était déjà debout, sur le trottoir d'une rue et en plein jour, sans même savoir pourquoi. Il prit son portable, mais s'aperçut que ce n'était pas le même que celui qui lui avait servi pour les appeler. En fait, il n'avait même plus les mêmes vêtements et semblait ne plus saigner nulle part. Sur son téléphone, il était indiqué que le dernier numéro qu'il avait appelé était une certaine Jade. Ne comprenant pas ce qu'il lui arrive, il se décida à l'appeler, tout en marchant un peu plus loin sur le trottoir pour se dégourdir les jambes :

« Bonjour Madame.
– David ? C'est bien toi ? Pourquoi m'appelle-tu comme ça ?
– Je ne sais pas. Je ne me souviens de rien. Êtes-vous ma femme ?
– … Tu ne me reconnais plus ?
– Je ne me souviens de rien. Êtes-vous ma femme ?
– David… Reviens à la maison.
– Attends, où est-elle ?
– … Je viens te chercher. Donne-moi le numéro et le nom de ta rue. »

Il lui donna. Elle raccrocha. Elle l'avait appelé David. Était-ce son nom en dehors de l'organisation ? Il se retrouvait alors à devoir attendre, seul, sur le trottoir, en n'ayant même pas connaissance de son vrai nom. Des informations commençaient à lui revenir. Il habitait à 15 minutes de route dans un petit appartement, avec sa femme. Il se mit à se souvenir qu'ils comptaient prochainement faire un prêt pour acheter une maison, et fonder une famille. Il se rappela que sa femme avait un frère, Ambroise, que ce dernier, habitait quelques rues plus loin, et qu'il adorait sa sœur. Il se souvenait des moments passés ensemble. Il s'entendait d'ailleurs très bien avec Ambroise et aimait bien faire des sorties sportives avec lui. Après une quinzaine de minutes d'attente, David vit une voiture arriver.

« Tu montes ? C'est moi. »

Il comprit et monta à la place du passager, puis mit sa ceinture. Dans un premier temps, le retour se fit dans un silence gêné. Finalement, Jade se mit à sortir une phrase pour démarrer la conversation :

« Tu te souviens, maintenant ?
– Ça revient, ça revient…
– Tu te souviens de moi ?
– Je me souviens même de ton frère.
– Et l'endroit où tu habites ?
– Oui, c'est bon. Je sais où c'est.
– Et ba c'est bien. Maintenant, je vais pouvoir te déposer et toi rentrer à pied, non ?
– …
– Quoi ? Ne me regarde pas comme ça ! C'était de l'humour ! De l'humour !
– … »

Le silence reprit. Sans grande conviction, Jade entama un autre sujet :

« Et ton travail ? »

À cette question innocente, David prit pourtant le temps de la réflexion. Son visage se tourna vers celui de sa femme. Il lui répondit :

« Ne m'en parle plus.
– Pourquoi ne veux-tu pas en parler ?… »

Quelques secondes passèrent avant que Jade ne reprit la conversation :

« Tu sais, Ambroise m'a parlé de ton retour à ton vieux boulot. Si, si. »

Son regard malicieux et son clin d’œil laissaient penser à un coup de bluff. David ne savait même pas de quel « vieux boulot » elle parlait. Qu'avait-il pu choisir comme métier pour le couvrir de sa nouvelle profession ? Avant d'être assigné aux meurtres, il se souvenait qu'il travaillait dans la partie « vente » du magasin de l'association-façade de lutte contre le cancer. Certainement en avait-il parlé à Jade et à Ambroise sans jamais évoquer la vraie face de l'organisation. David réfléchit un peu. Puis, il regarda à nouveau sa femme. Ses sourcils se froncèrent. Il lui lança un regard noir. Sa bouche, se faisant l'écho de son regard, lui dit à nouveau :

« Ne m'en parle plus. »

Quelques minutes plus tard et pour la première fois depuis le début du trajet, David lança un nouveau sujet.

« J'ai eu de sévères maux de tête, tout à l'heure. Je me sens encore très mal et mes souvenirs restent flous. Je crois que j'ai besoin de voir un médecin.
– Fais pas chier. T'as dû juste te cogner la tête quelque part. Allez, prépare-toi, on est presque arrivé.
– Mais…
– …
– Ok… »

David détacha sa ceinture. Il descendit de la voiture. Garée sur le côté, dans un emplacement privé de l'immeuble où ils habitent, leur trajet vers leur appartement était fortement réduit. Sa femme et lui ouvrirent la porte d'entrée, montèrent les deux étages d'escaliers, et, enfin arrivés à la porte de leur appartement, l'ouvrirent et rentrèrent. David prit sa veste l'accrocha au porte-manteau. Jade, qui s'apprêtait à faire de même, fit faire à son regard un petit détour vers son homme.

« Ton… Ton…
– Quoi ?!
– Ton … »

David, ne comprenant pas la réaction de Jade, décida de regarder l'endroit que ciblait son regard, c'est-à-dire son bras gauche.

« Tiens, bizarre. On dirait du sang mais je n'ai pas mal. »
« Chérie ? »
« ? »
« Chérie ! Où es-tu ?! Je pars te chercher ! » dit-il avec une certaine malice enfantine.

David avança vers le salon, première porte à droite, dans l'appartement. Il y vit sa femme, paniquée, collée au combiné du téléphone, monopolisant l'objet et visiblement prêt à ne le lâcher pour rien au monde. Perplexe devant cette vision exubérante de sa femme tranchant nettement avec son caractère habituellement impassible et mesuré, David restait cloué au sol, plus immobile et blanc qu'une statue de marbre. Quelques secondes plus tard, sa femme raccrocha.

« C'est bon, le médecin arrive. J'ai précisé que c'était urgent.
– Je…
– Oui ?
– … Laisse. Merci. »

Tous deux attendaient. L'une frémissait ; l'autre s'en fichait. David enleva ses vêtements et s'aperçut qu'il avait de ce sang sur toute la partie gauche de son corps. David préférait ne penser à rien pendant quelques minutes, histoire de décompresser de sa récente confrontation. Malgré tout, le temps passait et chaque minute commençait sérieusement à avoir un air de déjà-vu. Finalement, David commença à se poser quelques questions. Entre autres, pourquoi n'avait-il pas mal si c'était bien du sang de sa récente confrontation ? Il préférait ne pas enlever ses vêtements de peur de trouver quelque chose qui ne lui plairait pas, et attendre patiemment le médecin. Il savait que, si plaies il y avait, elles étaient très certainement refermées malgré le peu de temps passé depuis son affrontement. Sinon, pourquoi aucune douleur ne se ferait sentir ? Depuis l'appel téléphonique, une vingtaine de minutes étaient passées.

Un bruit de sonnette répété deux fois mit fin à l'attente interminable du couple. Jade, ayant finalement repris son calme habituel, laissa David dans le salon et décida d'aller ouvrir la porte d'entrée. Puis, elle entama la conversation :

« Bonjour Monsieur. Bienvenue chez nous.
– Où est le blessé ?!
– Ici, dans le salon, à droite. »

Après un bref déplacement, le médecin vit enfin son patient. De nombreuses gouttelettes se formant sur son front et son essoufflement trahissait sa récente course effectuée pour soigner son patient à temps. Quand il vit son patient, sa bonne volonté et le dynamisme dont il faisait preuve laissa la place aux traits du visage d'une personne blasée ayant déjà vu la situation quelques centaines de fois dans sa vie.

« … Il a l'air en bonne santé pour un « blessé ». C'est ce « sang » qui vous a fait paniquer ?
– Euh…
– Je vais regarder ça. Vous avez dit qu'il avait des maux de tête et des amnésies depuis environ trois quarts d'heure, c'est ça ?
– Oui.
– Monsieur, pouvez-vous vous mettre en sous-vêtements ?

David se déshabilla.

« Aucune plaie. Ça m'étonnerait que ce soit du sang, même si ça y ressemble. Voulez-vous que j'en fasse faire des analyses ? Ça vous coûtera un peu plus cher, mais vous serez fixés dans deux à trois jours. En temps normal, ça aurait mis bien moins, mais avec le récent incendie de la partie nord du centre commercial, nous sommes actuellement surchargés… »

La récente panique de Jade et les questions que se posait David les firent se mettre d'accord par un simple regard. David répondit alors :

« Oui, nous voulons bien. Nous attendrons le temps qu'il faudra.
– Voulez-vous me passer vos numéros de portable ? Cela nous servira à vous contacter le plus tôt possible, quand nous aurons les résultats. »

David et Jade donnèrent alors leurs numéros respectifs.

« Ça ira pour vos maux de tête et vos amnésies ?
– Je crois que oui. Je n'ai plus de maux de tête et je recommence à me souvenir de ce que j'avais oublié.
– Si trois quarts d'heure ont suffi, vous devriez tout avoir récupéré dans les journées à venir. »

Le médecin se dirige vers la porte d'entrée.

« Reposez-vous bien et n'hésitez pas à me contacter si vous avez à nouveau des problèmes. »

Le médecin nota son numéro sur un petit papier et le donna à David. Deux serrages de main et autant d'« au revoir » plus tard, la porte se ferma et l'appartement n'abritait à nouveau plus que deux personnes. À peine le médecin parti, David fut pris d'un coup de fatigue et partit s'allonger dans son lit, deuxième porte à droite en partant de l'entrée.



« White… White ! »

Une voix masculine et quelques coups de coude sortirent White de son sommeil. Il n'était plus dans son lit, ni allongé ; mais assis sur une chaise. Celle-ci prenait place autour d'une table rectangulaire, elle-même entourée d'autres chaises et d'autres personnes assises dessus. Cette salle lui était familière. C'était la salle où il avait reçu sa première mission depuis qu'on l'avait placé aux meurtres.

« Vous allez tous recevoir vos prochains ordres de mission. »

Comme la première fois, chaque personne reçut une lettre accompagnée des détails de la mission, du pourquoi de la demande de meurtre et de la part de la récompense accordée au tueur pour la réussite de sa mission. Une fois lue, la lettre était rendue au gérant de la salle, c'est-à-dire le chef de la section des meurtres. Pourtant, tout ne se passa pas comme prévu. Tout le monde avait reçu sa lettre. Tout le monde… sauf White. S'ensuivit un discours du chef de la section :

« J'ai entendu dire que certains membres, ici présents, n'avaient pas aussi bien réussi leur dernière mission que prévu… Quelques uns en sont ressortis blessés, d'autres n'ont même pas pris la précaution de rapporter ou même simplement de cacher le corps de leur victime. N'oubliez pas à quel point vous avez de la chance d'être ici. Nous vous avons entraînés, et seuls les membres les plus fidèles et les plus expérimentés de l'organisation sont dans cette section. Honorez l'organisation, ne nous faîtes pas honte et ne nous mettez pas en danger. La moindre incartade sera punie. Il suffit de peu pour qu'un homme meurt. Vous êtes tous aussi concernés que tous les autres. L'organisation est puissante, elle sait comment se débarrasser des éléments gênants. »

Immédiatement, White se sentit concerné. Les lettre furent rendues. Voyant tous les autres partir, White commença à suivre le groupe, croyant ne pas avoir de mission cette fois-ci. Ç'aurait été normal, c'était le bleu du groupe. Et rien n'indiquait qu'il y aurait toujours des missions pour tous les membres du groupe. Cependant, peu avant d'atteindre la sortie, il se fit interpeller par le chef de la section.

« Viens ici. J'ai reçu l'ordre de te donner ton ordre de mission oralement. »

White se dirigea vers son chef.

« Ta dernière mission était un échec. Tu as réussi à tuer ta cible, mais tu as été blessé et nous avons dû nous débarrasser du corps pour toi. Tu n'aurais pas été le nouveau du groupe, il ne fait aucun doute qu'on t'aurait tué pour danger potentiel envers l'organisation. Tu es prévenu : tu n'as plus le droit à l'échec. »

White baissa la tête, comme un enfant qui venait de se faire gronder par son professeur.

« Il est l'heure maintenant que je te donne ta prochaine cible. C'est un traître de l'organisation qui nous file entre les doigts depuis quelques temps maintenant. Il est potentiellement dangereux pour l'organisation et a déjà tué plusieurs de nos membres. C'est l'ancien membre Green. Il devrait néanmoins t'être suffisamment accessible pour que, cette fois, la mission se déroule sans ennui.
– Et c'est ?…
– Ta femme.
– !
– N'oublie pas, quand tu as le corps, tu nous le rapportes pour qu'on s'en débarrasse. Si cela t'est impossible dans les conditions qui suivront le meurtre, cache le corps et contacte-nous pour qu'on s'en débarrasse plus tard. C'est la seule et unique erreur que nous pourrons accepter. Tu peux partir.
– … »

White sortit de la salle. À nouveau, de nombreuses questions se bousculaient dans sa tête. Devait-il tuer sa femme ? On ne lui en laissait pas vraiment le choix. Et pourquoi son chef avait-il dit qu'il avait été blessé ? Il venait pourtant d'apprendre qu'il n'avait aucune plaie ! La curiosité l'envahit et il décida de se dévêtir légèrement pour observer son bras gauche.

« ! Un bandage. »

Il ne comprenait plus. Venait-il de rêver le moment passé avec sa femme ? Cela était peu probable. Il était certain d'avoir vécu ce trajet en voiture, d'avoir reçu ce médecin. Pourtant, il avait un bandage. Et on ne nous met pas de bandage quand nous ne sommes pas blessés. Une fois torse nu, il s'aperçut qu'il avait aussi des bandages et autres objets de soin sur toute la partie gauche de son ventre et de sa cuisse, là où il avait été touché auparavant.

« Hey ! Le nudiste ! Viens ! Toi aussi, t'as une mission à remplir ! »

White craignant ce qu'il allait devoir faire, il partit quand même en direction de la sortie. Soudain, des événements qui lui semblaient familiers se produisirent. Le même cri grave… Le même bruit interminable… La même perte de vision… Les mêmes maux de tête… Et pour finir, le même évanouissement.



Il savait où il allait se réveiller. Cette rue. Il faisait encore jour, mais la nuit s'apprêtait à tomber. Sa femme était sûrement rentrée à la maison. Il savait comment il allait agir. Sans être certain qu'il allait réussir sa mission, il était par contre sûr de perdre la vie s'il n'allait pas jusqu'au bout. D'un pas décidé, il se dirigea en direction de son appartement. Il monta les escaliers. Avant d'arriver au premier étage, il rencontra une vieille connaissance…

« Tiens ! Ambroise ! Comment vas-tu ? Tu venais voir ta sœur ?
– Exactement. Elle s'inquiète pour toi. Tu as dormi environ seize heures hier, avant de te réveiller pour ton travail. Elle ne sait pas ce qu'il t'arrive. Elle a du mal à dormir. Je l'ai rarement vu dans cet état. Tu la connais… D'habitude, elle ne laisse rien passer, elle se montre le moins possible, même avec moi. Elle était déjà comme ça petite, ce qui inquiétait nos parents. Et sinon, toi… Finalement, tu vas mieux ?
– Oui, oui. Ce n'était que passager. Je pars la rejoindre, qu'elle ne s'inquiète pas trop… Je compte profiter de sa présence comme si c'était la dernière fois que je la voyais. Il faut profiter de la présence des gens tant qu'ils sont encore là…
– Oui, bien sûr.
– Bon ba… À la prochaine fois !
– Yep ! À la prochaine ! »

David reprit sa montée. Soudain, il entendit à nouveau la voix d'Ambroise qui l'appela :

« … Attends.
– Oui ?
– … »

« Non, rien. Oublie. »

David continua sa montée. Chaque marche le rapprochait davantage de ce qu'il allait devoir faire. Il essayait de ne pas y penser. De continuer à monter, comme si c'était un jour comme un autre. Et pour ne pas y penser, il pensait à autre chose. Ambroise venait de lui dire qu'il avait dormi seize heures avant de se réveiller pour son travail. Comment cela se faisait qu'il ne se souvenait pas d'être allé à son travail ? Il y était, c'est sûr. Et c'est tout. Il ne se souvenait plus du trajet qu'il avait emprunté pour aller à son travail. Finalement, il arrivait aux dernières marches. Il n'en restait plus que trois. C'était bon, il était arrivé. Il ouvrit la porte et vit sa femme. Elle était souriante, pour une fois. Quel dommage qu'il allait devoir la tuer… Cette soirée fût courte, mais intense : bain, nourriture, propositions de projets qui ne seraient jamais réalisés… Tout y était excellent. La nuit était tombée. Le couple s'était glissé pour la dernière fois dans le lit, prêt à vivre sa dernier nuit. C'était l'heure.

David avait réfléchi à un plan. Bien sûr, il finirait par emporter le corps dans le coffre de la voiture, il n'avait guère d'autres possibilités. Il savait qu'il allait devoir transporter le corps jusqu'à la voiture, et donc passer par deux étages de marches avec la possibilité de rencontrer quelqu'un sur le chemin. Il savait qu'il allait sûrement devoir découper le corps en plusieurs morceaux pour ne pas risquer de se faire repérer à cause d'un manque de discrétion flagrant. Mais il ne savait pas s'il arriverait à porter le coup de grâce. Heureusement, les missions nécessitaient toujours le transport d'un revolver pour subvenir à toute situation dangereuse. Ça lui faciliterait la tâche. Une arme à feu était tellement plus facile à utiliser qu'une arme de corps à corps. Après s'être rhabillé, il se mit alors à chercher son arme là où il la rangeait habituellement, à l'arrière de son pantalon.

« M… Merde ! »

Il ne l'avait plus. Comment avait-il pu l'oublier ? Il devait la tuer ce soir et faire son compte-rendu de mission le lendemain. Il n'avait pas le choix : il fallait qu'il trouve une autre arme. Ses mains n'auraient pas la ténacité de l'étrangler ou de l'étouffer avec un oreiller.

« Je n'ai pas le choix. Il ne me reste plus que le couteau de cuisine. »

Quel dommage ! C'était pourtant tellement plus propre, un revolver. Avec le couteau, il allait en foutre partout et dégueulasser la moquette. Mais il n'avait pas le choix. Il prit le couteau de cuisine, puis retourna s'allonger dans leur lit, à côté de sa femme. Il se mit à califourchon sur le ventre de sa femme, prêt à agir. La vision de son visage le décida à l'embrasser une dernière fois. Il commença alors à sangloter. Ses lèvres se collèrent aux siennes. Il n'arrivait plus à en décrocher. Il continuait. Encore. Encore. Encore. Il savait qu'il devait arrêter mais continuait quand même. Et plus il continuait, plus il pleurait. Mais il était temps. Sa bouche s'éloigna de celle de sa femme. Puis, ce fut sa tête, avant de donner le coup final. Tout à coup, Jade se mit à se débattre. Ses poings cognèrent d'abord vers l'avant, puis, voyant que cela ne servait à rien, elle essaya de le faire tomber sur le côté en cognant sur ses cuisses. En vain. Les larmes aux yeux, il leva le couteau. Il se mit à fermer les yeux. Le couteau fit sa chute aussi rapidement que son ascension. Le couteau fût planté en pleine gorge, celle qui avait fait vivre la femme qu'il aimait. Les derniers mots qu'il entendit d'elle, prononcés lentement, furent « … mon… a… mour… ». Ouvrant les yeux, il s'aperçut qu'elle aussi avait versé des larmes. Des larmes de sang, très certainement, pour la vie avec lui qui l'attendait et qu'elle n'aura jamais pu avoir. Sanglotant dans le lit, David serra sa femme dans ses bras. Il n'eut la force de retirer le couteau que quelques minutes plus tard.

Se décidant finalement à les appeler, il sortit son portable de sa poche. Il s'aperçut alors que celui-ci était cassé et l'écran fendu. Il comprit que c'était dû aux coups de poings que sa femme avait donnés sur ses cuisses. Sûrement un dernier petit cadeau de l'au-delà… Il se mit alors à chercher le portable de sa femme, et le trouva sur sa table de chevet. Il eût à peine le temps de le placer dans sa poche qu'un gros coup de fatigue le perturba à nouveau.

« Non… Je dois les appeler… Et cacher le corps… »

David se mit en tête que cette fatigue ne l'emporterait pas encore une fois. Bien décidé à terminer ce qu'il avait commencé, il sortit le corps du lit et le traîna. Il l'amena à la cuisine, puis essaya de le loger dans le grand espace présent sous l'évier, à l'intérieur du meuble. Il dégagea tous les produits qui y étaient et réussit à y mettre le corps en forçant un peu. Il referma les portes du meuble. La fatigue revint à nouveau.

« L'appel… Je dois les appeler… »

Se dirigeant vers le lit de la chambre, il fit le numéro. Faisant le chemin dans le sens contraire du trajet avec sa femme, un autre corps se traînait à présent. Toujours debout mais prêt à tomber à tout moment, il arriva à la chambre. Il avait terminé de composer le numéro. Pourtant, la vue du lit le fit s'y effondrer. Restait le son du téléphone, encore dans sa main :

« Le numéro que vous avez composé n'est pas attribué. »



White se réveilla. Encore une fois, il était dans la salle de réunion du groupe des meurtriers. Son chef était en face de lui et semblait lui crier dessus depuis plusieurs minutes :

« Décidément, tu n'es bon à rien. Tes meurtres sont pitoyables et tu ne fais que dormir. Cependant, tu as finalement rempli ton rôle, tu as fait ce qu'on attendait de toi. Tu as tué cette connasse qui nous a échappé depuis des années et a failli mettre à mal l'organisation dans son ensemble. Tu croyais vraiment qu'elle s'est mariée à un minable comme toi alors qu'elle aurait pu trouver bien mieux ? Mais un niais lui assurait une excellente couverture, et il y avait assez peu de chances qu'on en contacte un délibérément. Il nous fallait une excellente raison pour ça. Et pouvoir la tuer, elle qui nous échappait depuis si longtemps, en était une. Qui pouvait croire que son intelligence serait mise à mal par un minable qui a du mal à tenir un revolver ?… Il fallait l'attaquer de l'intérieur pour qu'elle baisse sa garde. Quelle tristesse de mourir comme ça. Aussi, tu n'as jamais tué Red. Elle était dans le coup et a utilisé du faux sang d'une composition très réaliste pour faire croire à sa mort. Tu avais des balles à blanc, mais pas elle. Même en essayant de ne pas te toucher, tu te mettais en plein dans le viseur, d'où tes blessures. On a eu de la chance de ne pas te perdre sur le coup. Cette première mission nous a servi comme un leurre pour la seconde que tu n'aurais jamais acceptée sans une pression préalable. Tu n'aurais pas survécu longtemps sur une vraie mission. À présent, tu peux partir. Tu ne nous sers plus à rien et tu ne pourras plus nous poser davantage de problèmes. Ton incompétence a déjà assez fait ses preuves à ce jour. Peu importe que tu vives ou que tu meurs, le résultat sera le même pour nous. Ta minable petite vie n'est pas importante. »

White ne répondit même pas. Il se mit à courir vers la sortie. Il ne savait pas si sa vie était en danger ou non, mais il savait que rester dans ce bâtiment ne lui apporterait rien si ce ne sont des ennuis. White ne pouvait s'en rapporter à la police sous peine d'être jugé avec le reste de l'organisation. Et il ne fait aucun doute qu'il serait jugé coupable du meurtre de sa femme, pour toutes les erreurs d'inattention qu'il a commises au moment de la tuer, et même après. Condamné à mort par la justice pour avoir tué sa femme cherchant ainsi à éviter sa mort par l'organisation, quelle ironie ce serait… De plus, quel juge croirait les paroles d'un meurtrier ?… Pire encore, l'organisation avait le bras long et n'aurait aucune difficulté à corrompre le juge, tout en le menaçant de mort, lui et sa famille, s'il persistait à ne pas accepter. Et puis les paroles d'un meurtrier contre celles d'une association de lutte contre le cancer ?… C'était peine perdue.

White continuait à courir vers la sortie du bâtiment, qui était une énorme structure high-tech dans un style très contemporain et tout en verre. Il chercha son revolver normalement accroché sur son pantalon, mais comme il s'y attendait, il ne l'avait pas. On lui avait probablement pris. Il était presque sorti. Plus qu'un ascenseur à passer, l'accueil, puis la porte d'entrée. Collé à la porte d'ascenseur, il attendait impatiemment que ce dernier soit au même étage que lui. Subitement, il sentit une présence derrière lui. Puis un objet métallique touchant l'arrière de sa tête, clairement une arme à feu.

« Laisse-toi guider là où je te l'ordonne. Va dans la salle, là-bas, au fond, à droite, dans le coin. »

« C'est bon, personne. On m'a ordonné de te descendre. Ici, tu ne tâcheras pas des murs en verre qui viennent tout juste d'être nettoyés. »

C'était fini, il le savait. White pensa à ces derniers jours qu'il avait vécus. À la manipulation dont il avait été la victime. À sa naïveté. À son manque de maîtrise des armes. À son incapacité à se protéger. Et surtout, à Jade, qu'il avait tué pour rien et qu'il aimait. Cette même-Jade qui se jouait de lui tout comme l'organisation se jouait de lui. L'heure de sa mort était venue.

Des événements qu'il connaissait se produisirent encore une fois, mais c'était probablement la dernière… Une voix grave. Un bruit interminable. Une perte de vision. Des maux de tête. L'évanouissement allait-il se transformer en sommeil éternel ?…



La rue… Le soleil couchant… La porte… Et une brume qu'il n'avait pas l'habitude de croiser ici. L'endroit était désert : absolument personne, à part lui, n'était présent. Et surtout, il n'était pas mort. D'où venait ce miracle ? Ces évanouissements qui lui avaient causé tant de problèmes par le passé… lui avaient-ils sauvé la vie ? Son téléphone sonna. En le sortant de sa poche, il se souvint qu'il avait échangé son téléphone cassé contre celui de sa femme… Qui cherchait donc à contacter sa femme ? Il décrocha.

« Allô ?
– Bonjour… ? Je ne suis pas sur le numéro de Madame ?
– … Si… Mais étant indisponible à l'heure actuelle, j'ai décroché à sa place.
– Ah d'accord. Bonjour Monsieur, alors. Les analyses de la matière liquide rouge que nous avions retrouvé sur vous sont terminées. Comme nous le pensions, ce n'était pas du sang, mais un mélange effectué visiblement dans le but d'en reproduire le visuel et la texture. D'après nos analyses et nos recherches, cette matière est très probablement composée d'un mélange de sirop de maïs blanc, d'amidon de tapioca, de sirop chocolaté et de colorants alimentaires jaune et rouge. Si cela peut vous aider…
– …
– …
– Merci. Au revoir, Monsieur. »

« Alors, comme ça, ce liquide n'était finalement que des éclaboussures du faux sang de Red… Comment j'ai pu me faire avoir à ce point ?… » pensait David, honteux de sa naïveté.

Quelque chose le perturbait. Il se retourna et vit Ambroise qui lui dit immédiatement :

« Ah ba enfin ! Tu me remarques. »

« Que fait-il là ? » pensa aussitôt David.

« Tu as mis longtemps à l'intérieur. Depuis combien de temps je t'attendais, déjà ? Plusieurs heures, sûrement. Depuis tes problèmes de mémoire, je me doutais que quelque chose de pas net avait lieu…
– ?
– J'ai alors décidé de procéder à ma petite enquête…
– …
– Dans un premier temps, auprès de ma sœur, qui m'a informé en détails sur tes récents problèmes.
– …
– Dans un second temps, en rassemblant les informations que j'avais sur toi.
– …
– Ce qui a fait toute la différence, c'est que j'avais une information sur toi dont ni Jade, ni toi-même n'avait la moindre connaissance. Jade ne l'a jamais su, et toi, tu l'as oublié. Mais tu m'en avais parlé avant de perdre la mémoire.
– …
– Cette information, tu la connais. Il ne te reste plus qu'une chose à faire : t'en souvenir.
– …
– Allez ! Tu ne devines pas ? »

Ambroise se mit à pointer de l'index ce qui se trouvait au-dessus de sa tête. C'était l'enseigne au-dessus de la porte. Malheureusement, elle était cachée par un auvent, ce qui obligea David à reculer pour voir ce qui y était écrit.

« ! »

« Mais oui ! »

Tout s'articulait dans sa tête, tout semblait logique. Les changements de lieux, les évanouissements, la voix grave criant « … COU… », l'organisation mafieuse, le faux sang, les plaies, et puis ça… Ambroise dit alors :

« Tu es un…
– … acteur. »

David avait compris. L'enseigne indiquait « CinéStudio », très certainement le lieu de tournage d'un film. Ambroise continua :

« Tu m'avais dit que tu tournais un film sur un groupe mafieux et que tu étais redevenu acteur après tant d'années. Je ne sais pas ce qui t'a retourné la tête, mais ce qui est sûr, c'est que ces derniers jours furent très certainement intenses pour toi… »

David semblait un peu perdu, encore sous le coup de l'émotion, puis dans ses pensées.

« Certaines choses que tu as vécues étaient vraies… Jade t'a vraiment ramené à la maison en voiture…
– Et je… Je… NON !
– Si. J'ai su qu'elle t'avait retrouvé ici juste avant de te croiser hier. Je souhaitais voir à quoi ressemblait l'endroit et si je pouvais y trouver des indices. C'est quand je suis venu ici que j'ai compris ce qu'il t'était arrivé…
– NON ! Elle n'est pas… NON !
– Ce matin, je suis allé la voir. Comme d'habitude depuis quelques jours, j'étais sa seule compagnie du matin. J'y ai trouvé ton téléphone cassé, un couteau de cuisine avec du sang sec sur la lame à côté du lit, une longue trace de sang au sol, comme si on avait traîné le corps de quelqu'un qui venait tout juste de mourir de la chambre à la cuisine, et enfin…
– …
– Son corps sortant du meuble, sous l'évier de la cuisine. Ses yeux étaient encore remplis de tristesse, même si son corps ne recelait plus la vie. »

De petites larmes commencèrent à couler sur les joues de David. Puis il sanglota, comme jamais auparavant, le moment de la mort de Jade exclu. Ambroise le prit dans ses bras. Lors de ses sanglots, un objet brillant, présent dans la main droite d'Ambroise, attira l'attention de David. Il comprit. Il s'éloigna d'Ambroise mais ne fut pas assez rapide. Avec un simple geste, cet objet en main, Ambroise coupa l'auriculaire et l'annulaire gauches de David. Son alliance tomba au sol, avec l'annulaire.

« !
– Oui. C'est bien le couteau qui a tué Jade. »

Un autre geste frôla le ventre de David, qui l'esquiva en reculant juste à temps. Ce mouvement le fit se prendre les pieds dans les lignes des pavés composant le trottoir. David tomba. La tombée de la nuit, quant à elle, prit fin et laissa place à un ciel sombre et une atmosphère froide. La brume s'est épaissie et rend encore plus difficile la distinction des choses et des gens, de loin. Face à un David cloué au sol, et à un Ambroise en position de force, celui-ci décida d'y aller de sa tirade, le couteau à la main :

« Elle te faisait confiance, elle t'aimait… ET TU L'AS TUÉE ! Tu ne mérites de mourir que par cette lame. Je veux te faire souffrir autant que tu as fais souffrir ma sœur. Maintenant que tu sais toute la vérité sur ce qu'il t'est arrivé et sur ce que tu as fait, je n'ai plus aucun remord à te tuer. »

Ambroise se mit à califourchon sur David.

« C'est comme ça que tu l'as tué, HEIN ?! »

Ambroise prit son couteau et entreprit une découpe sadique. David cherchait à crier mais la main d'Ambroise l'en empêchait. Ce dernier prit son manteau, le mit en boule, et l'inséra dans la bouche de David pour étouffer ses cris. Il fit d'abord deux longues cicatrices s'étendant chacune d'une joue à l'autre joue en passant soit sur le nez, soit sur la bouche. Il s'attaqua ensuite au poignet gauche. Puis, il se retourna. Il enleva la chaussure droite, la chaussette, et entreprit de s'occuper de l'orteil droit :

« On commence par le haut, et on finit par le bas ! »

David perdait son sang à toute vitesse. Il savait qu'en ne faisant rien, il mourrait sûrement ici. Il profita du moment où Ambroise fût retourné pour recracher le manteau.

« La foire… Tu ne t'en souviens plus… De la foire ?
– ! »

Il savait qu'en jouant sur les sentiments, peut-être arriverait-il à s'en sortir.

« Jade… voulait faire cette énigme dont on savait… pertinemment que c'était une arn… »

David toussa du sang.

« Une arnaque, mais… on l'avait suivi. Et à la… »

David toussa à nouveau du sang.

« La fin de… la journée, on… avait mangé des gaufres. Tu te souviens de l'odeur ? »

David vit qu'Ambroise avait baissé sa garde et l'écoutait, tout en étant retourné. Il en profita pour sortir le téléphone de Jade.

« Et tu te souviens, quand… »

David mit toutes ses forces dans cet unique geste qui suivit. Il fracassa le portable sur la tête d'Ambroise, arrivant à l’assommer légèrement pendant quelques secondes malgré la légèreté de l'objet. Le couteau tomba. David le prit et fit basculer Ambroise sur le côté, se retrouvant dans l'exacte position contraire à celle dans laquelle il était.

« Tu vas payer… Pour mes souffrances. »

Ça allait être le premier meurtre conscient effectué par David. Le second avait été engendré par ce qu'il croyait être son premier meurtre. Il se mit alors à lever le couteau, comme pour Jade… Et… le planta. Dans le sol. Il essaya à nouveau, mais aboutit au même résultat. David avait tué, mais il n'avait pas la mentalité d'un tueur. Rien ne le motivait, et seule la folie l'avait embarqué dans cette histoire. Il mit le couteau sur le sol et le fit glisser au loin, au-delà de la brume. Cette histoire était finie.

Ambroise et David, avec deux cicatrices en plus, une main et un orteil en moins, allaient pouvoir rentrer main dans la main et redevenir peut-être des amis. Ils auraient pu chercher à se reconstruire malgré la mort de Jade. Malheureusement, la vie en décida autrement. La police arriva et cribla de balles le corps, jusque là encore vivant, de David.

La meurtre de Jade Leblanc fût attribué au nom de David Leblanc, meurtre perpétué sous le coup de la folie, et auquel on ajouta les meurtres respectifs de quatre membres de l'équipe de tournage du film, dont la justice ne connaissait pas les détails. La majorité des membres restants de l'équipe abandonnèrent le cinéma, et le studio CinéStudio fût fermé par manque d'investissements. Quant aux mutilations de David, elles furent aussi attribués à sa folie.

Aujourd'hui, Ambroise a grandi. Il n'a depuis plus jamais approché le milieu du cinéma, qui le terrifie à présent. Le traumatisme est encore présent. Il garde, depuis, le couteau qui a pris la vie de sa sœur et mutilé son beau-frère. Le temps passe, et chaque jour est une nouvelle plongée dans cette histoire. Chaque jour le fait souffrir un peu plus et l'éloigne de ce monde. Il sait comment il finira. Mort, comme tout le monde. Non, ce qu'il se demande aujourd'hui, c'est où il finira. Dans un asile enchaîné au désespoir de revoir une liberté physique, ou égorgé par ce couteau qu'il garde depuis bien longtemps pour se libérer du désespoir d'un esclavage mental ? Pour ce qui est de la réponse, seul l'avenir le lui dira…

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Daragonis
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MessageSujet: Re: Nouvelles et autres écrits du Blizzard   Mar 16 Avr 2013, 23:29

Bon je ne suis pas très bon critique pour des nouvelles...
Mais c'est vraiment agréable à lire et bien écrit.
T'aimes bien tout ce qui est psychologie dramatique non? (Moi aussi, c'est pas un soucis^^)
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Blizzard
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MessageSujet: Re: Nouvelles et autres écrits du Blizzard   Mer 17 Avr 2013, 01:40

Merci pour ton message. ^^ En fait, j'adore les possibilités énormes de création qu'offre l'écriture. Le pire, c'est que je ne m'en suis rendu compte que récemment, et que ça m'inspire vraiment (j'écris ces nouvelles de manière très naturelle, sans "forcer", et j'y prends beaucoup de plaisir).

Du coup, je compte essayer un peu de tout. Par exemple, j'adorerais faire un huis clos. Je suis tombé amoureux du fantastique et de la science-fiction, aussi. Ça ne me dérangerait pas de faire des trucs complètement expérimentaux, dans le genre Oulipo. Ça m'amuserait d'écrire et de créer des univers et des histoires un peu délires, complètement loufoques et qui partiraient en cacahuètes à la première occaz' sans tomber dans la caricature parodique bas de gamme à la Scary Movie, voire pire, Spartatouille. Non, plus un truc dans le genre Monty Python, mais à l'écrit, en fait. Je n'aimerais pas rester dans un seul et unique genre et faire tout le temps la même chose. Ça m'ennuierait.

Donc oui, les deux histoires sont dans un registre un peu psychologie dramatique, et j'aime beaucoup ça, mais je ne pense pas écrire que ça, loin de là. Par exemple, ma première nouvelle avait des airs de fantastique alors que j'ai essayé d'insérer des éléments de thriller dans la seconde. Par contre, j'ai remarqué que le thème de la folie m'obsède… (Je ne sais pas si c'est le combo Saya no Uta + American Horror Story qui a joué un rôle là-dedans ; mais j'aurais tendance à dire oui au moins pour le premier, qui est une œuvre de haute volée et qui m'a marqué durablement pour la violence psychologique de son univers.)

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